 | L'administrateur réseau | |
Charité bien ordonnée commençant par soi-même, l'administrateur réseau est souvent le mieux servi en matière de G.A.O. L'administrateur réseau est le type même du gars capable de passer sa journée à ne rien faire tout en donnant l'impression d'être le plus débordé de tous. Voici quelques exemples d'activités type.
Tout nouveau, tout beau !
L'administrateur réseau assume pleinement sa responsabilité de veille technologique en matière de réseaux et systèmes. C'est pour cela qu'on le trouve souvent en train d'installer un nouveau logiciel, "absolument génial" ou "révolutionnaire mais tu ne peux pas comprendre". Ceci procure plusieurs avantages intéressants :
- installation. Le plus souvent, il est plus intéressant d'utiliser le mode "custom" ou "expert". D'une, c'est meilleur pour son égo, de deux, il est important de bien approfondir chaque option, et de passer plus de temps que nécessaire, vu qu'un clic sur "default" aurait pris 5 ou 10 fois moins de temps ;
- test. C'est bien beau de passer 1/2 heure à installer un produit, mais il faut aussi le tester, de préférence de bout en bout. Tout ça pour se rendre compte qu'à la fin, bah ce n'est pas si génial, et donc il a bien fait de pas faire de documentation au fur et à mesure. De toute façon quand quelque chose de bien sortira, ses collègues le lui diront ;
- désinstallation. De la même façon, quelques précieuses minutes peuvent être gagnées à désinstaller l'application, partiellement certes, afin d'y gagner plus tard (voir rubrique suivante) ;
- charge de la machine. C'est bien connu, plus on installe de logiciels sur une machine, plus elle devient lente. Donc intéressante du bien de vue glande. De toute façon il devient tellement naturel que l'OS semble mettre plusieurs minutes à se charger, que personne n'en sera choqué (voir les rubriques adaptées dans les différentes rubriques) ;
- réinstallation de la machine. Quand la productivité est *vraiment* mise en péril pour cause de lenteur de la machine. Alors, il faut réinstaller la machine complètement. Ceci passe par un backup complet, un formatage bas niveau suivi d'un formatage de base, une belle installation propre de l'OS (si possible à partir d'un jeu de disquettes). Cette installation se fait également en mode custom, de mémoire (inutile de prendre des notes pour une prochaine fois, de toute façon il n'y aura pas de prochaine fois, et puis ça serait trop rapide). L'installation des applications indispensables doit être suivie de l'installation de nombreux outils (gadgets), inutiles mais bien tordus à configurer.
Il est bien entendu toujours préférable de tester des versions béta, qui entraînent des plantes sans vraies conséquences, si ce n'est passer quelques minutes à attendre que le système daigne rebooter. Les grands éditeurs ne sont jamais avares de "pre-releases" de leur prochaine usine à gaz, il suffit de savoir en profiter. Qui plus est, lancer une version limitée 30 jours après un mois est toujours un bon prétexte pour aller chercher la nouvelle release sur le Net.
Gérer son stock
Un bon admin réseau doit connaître parfaitement les équipements qu'il administre. Monter et démonter un micro est une activité qu'il doit maîtriser sur le bout des doigts. De plus, c'est une activité qui effrait facilement le païen (l'utilisateur de base). Les bonnes habitudes à prendre sont :
- sortir pour comparer les prix chez trois ou quatre fournisseurs, y retourner pour prendre le bon produit ;
- ajouter et remplacer régulièrement des disques durs sur sa machine ainsi que sur les serveurs ;
- de même, changer les cartes écran et réseau régulièrement, pour bien profiter de son écran et de son nouveau hub ;
- dépoussiérer les micros des utilisateurs, de l'extérieur comme de l'intérieur ;
- lancer des procédures de nettoyage (cartouches, etc.) aussi souvent que nécessaire ;
- renouveler régulièrement les consommables (papier, cartouches ...). Pour des raisons évidemment économiques et budgétaires, l'admin réseau achètera toujours les consommables de plus faible durée et/ou capacité, et donc de plus grande fréquence de renouvellement ;
Bien choisir ses technologies
Ne pas être à la pointe du progrès se justifie aisément. D'expérience, un administrateur réseau se méfie toujours des nouvelles technologies, un peu vertes, pas vraiment validées. Il préfère les tester lui-même à fond (voir le premier chapitre). Surtout quand le "bon vieux système" marche toujours, même s'il est un peu lent, il est bien moins cher.
Quelques règles habituelles (voir aussi la rubrique "périphériques") :- pour les backups, fuire les systèmes à chargeur. Un administrateur réseau peut tout-à-fait prendre du temps pour changer manuellement les cartouches et bandes. Si une sauvegarde nécessite plusieurs cartouches, il pourrait même rester à côté du système pour vérifier que tout se passe bien et changer les cartouches "à temps".
- les lecteurs de disquette sont toujours utiles. Pour des raisons évidentes d'universalité, et malgré la généralisation des CDs, l'utilisation de disquettes reste une nécessité pour de nombreuses opérations (installations, lancement de vérifications, boot ...).
- les portables ont toutes les qualités requises pour le glandeur : lenteur, espace limité, faible autonomie et interruptions intempestives, petit écran qui oblige à lire plus lentement, paramétrage pointu lors des installations d'OS, encombrement réduit pour s'installer n'importe où ...
Ouate doux iou sait ?
L'administrateur réseau doit, par définition, manier courrament la langue de Shakespeare. Bien entendu, il se flattera de cette compétence indispensable. Or, n'étant pourtant pas bilingue, voire un peu fâché avec la perfide Albion (et a fortiori avec l'oncle Sam), il prendra bien soin de lire uniquement des documents en anglais, ces documents étant bien entendu plus justes que leur traduction approximative fournie quelques pages plus loin. De même, toute littérature informatique sera lue en anglais, dans le but inavoué de rallonger considérablement le temps d'assimilation des informations, et donc de bouquiner peinard.
Enfin, n'oublions pas que l'administrateur réseau n'a guère à se justifier auprès des autres personnes du temps qu'il passe sur ses machines. C'est son travail après tout. Et il est bien admis qu'un réseau idéal, avec un administrateur idéal, dont on entendrait jamais parler car tout fonctionne parfaitement, n'existe pas, sauf dans l'idéal d'un directeur financier aux abois.



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