![]() | Le glandeur envahissant | ![]() |
Pourquoi ne pas utiliser ses collègues pour glander ? Le glandeur envahissant est le prototype même de la personne qui ne fait rien en allant s'occuper des autres, s'occuper au sens large. Discuter, contrôler, corriger, aider ... tous les prétextes sont bons.
Pas assez de soi
Le glandeur envahissant ne semble pas se suffir à lui-même. Il ne peut pas glander tout seul, bien sagement, mais se sent obliger d'aller ennuyer ses collègues. Il est probable qu'en glandant seul il ressent qu'il donne vraiment l'impression de glander, ou bien qu'il ressente un besoin social de s'affirmer, que la qualité de son travail ne lui permet pas d'atteindre.
Plus qu'on ne le croit
Cette tendance, même partielle, à la glande extériorisée, se rencontre plus fréquemment qu'on ne le pense. Il n'est pas rare, lors d'un coup de barre, de se lever et d'aller faire un tour, voir ce qui se passe. Pour certains c'est un saut à la cafet', pour d'autre c'est l'occasion d'envahir ses collègues. La hauteur hiérarchique se prête d'autant plus à cette attitude qu'on a de subalternes à visiter. Les patrons eux-mêmes, quand ils n'ont rien à faire, aiment à faire le tour de leurs employés pour leur raconter des choses sans importances qui sont une perte de temps, chose qui est d'autant plus génant qu'on n'ose guère les remettre à leur place. Ni invoquer ces discussions spécieuses quand le chef demande des explications sur le retard constaté.
Un bonheur partagé
Le problème est que les glandeurs en puissance victimes du glandeur envahissant sautent sur l'occasion pour disserter de choses et d'autres, de projets abstraits, d'anecdotes superfétatoires. Et contribuent ainsi, d'une à leur propre glande, de deux au dérangement des vrais bosseurs, de trois à conforter l'envahissant dans son comportement, puisqu'il rencontre matière à glander. Ensuite, quand il faudra rendre des comptes, la rubrique "réunion informelle avec untel" aura une tendance certaine à l'embompoint.
A la limite, c'est une expérience intéressante. Lacher un glandeur envahissant dans un bureau, c'est un moyen facile de lever les cibles "faibles". Quitte à incarner provisoirement le rôle. Après quelques passages, l'accueil réservé est d'autant plus chaud que la tendance à la glande est forte, indice facile !
Laisser couler
A mon humble opinion, le seul comportement valable fasse à un glandeur envahissant est de ne pas réagir, hocher la tête, et continuer de travailler. Ceci pourra susciter une réaction du style "Hé, ça ne t'intéresse pas ce que je dis ?", qui sera nuancée par un "Si, mais tu vois, là, j'ai la tête dans mon projet, je suis un peu occupé, mais on pourrai en reparler à la pause ?" ... le genre sympa et diplomate. Le glandeur envahissant portera surement son attention sur quelqu'un de plus "motivé" et oubliera jusqu'à votre réponse. A moins, que, comble de malchance, vous soyez son unique cible !
Le glandeur envahissant complète donc le tableau des spécimens que vous êtes en mesure de rencontrer, ou d'incarner, selon les points de vue !