![]() | Le glandeur fuyeur | ![]() |
Pour ceux que le titre effraie, la procrastination est éthymologiquement parlant la tendance à remettre au lendemain. Ce spécimen de glandeur correspond à ceux qui trouvent toujours des occupations minimes, mais souvent justifiées, qui leur permettent de ne pas faire le gros truc qui les attend depuis un moment et qu'ils n'ont absolument pas envie d'attaquer.
Reculer pour mieux glander
Cette espèce de glandeur est donc doué d'une grande aptitude à trouver des prétextes, occupations et activités pour faire diversion et éviter de s'attaquer au gros morceau qui l'attend depuis un moment. Non pas que ce "gros morceau" soit hors de portée de ses compétences ou son savoir-faire, mais l'ampleur devinée de la tâche l'effraie. Le glandeur sait qu'en s'engageant dans l'action demandée, il va devoir s'investir et travailler plus que d'habitude, ce qui le rebute.
Alors il a recours à tous les subterfuges pour esquiver le problème, espérant que des interventions extérieures (le temps qui passe, un collègue exaspéré...) le décharge du sujet. Afin de le faire habilement, et ne pas être la cible d'accusations graves, il doit justifier d'activités diverses qui ne pourront pas lui être reprochées.
Il existe un fort bel adage pour aborder une situation : "pour régler un problème il faut d'abord l'admettre, puis le soumettre, et enfin le démettre". Le glandeur dont nous parlons ici en a une version simplifiée : "pour régler un problème, il faut le remettre". Il pense qu'en s'occupant de nombreux autres détails, le gros du problème va se résoudre de lui-même.
Quelques grammes de finesse dans un monde de glande
La seule fibre sensible semble être ici l'orgueil. Pour activer subtilement un glandeur de ce type, l'idée est de lui signaler que s'il continue de ne s'occuper que des détails et qu'il refuse de s'attaquer aux gros projets - malgré ses excuses, les faits le prouvent - il ne va pas progresser et rester au plus bas niveau. L'objectif est de le prendre par les sentiments, qu'il décide enfin à attaquer un gros morceaux, quitte à l'aider et l'encourager. Si il y arrive, ceci constituera surement un bon point de départ pour s'attaquer à d'autres projets et donc ne plus les fuire
Le glandeur fuyeur est un individu à identifier et gérer rapidement, dans la mesure où il constitue un frein à l'avancement des projets. Le fait qu'il s'occupe de plein de détails (qu'il a force d'imaginer) le rend cependant utile, dans la mesure où on a d'autres gens qui s'intéressent à l'essentiel.